Week-end Magnétique #04 : Fiction & Divination
Cette journée d’études vise à interroger le rôle du musée dans notre manière de regarder, comprendre et transmettre les oeuvres. Comment leur donner de nouveaux sens au fil du temps ? Comment proposer d’autres façons de les interpréter et de se les approprier ? Chercheuses et chercheurs, professionnelles et professionnels des musées échangeront autour de ces questions pour réfléchir à la manière dont les oeuvres, porteuses de significations en constante évolution, peuvent continuer à dialoguer avec notre époque. Cette journée invite ainsi à imaginer des collections vivantes, ouvertes à la diversité des regards et aux enjeux d’aujourd’hui.
9h Accueil
9h30 Introduction de la journée d'études
Conférence de Fabienne Dumont (professeure d’histoire de l’art à l’Université Jean Monnet – Saint-Étienne)
Au début de son parcours, Gina Pane réalise plusieurs travaux en lien avec la terre. Cette communication se concentrera sur Contient de la terre d’un jardin potager mis en sac (1968), un petit sac rempli d’une terre dont il est indiqué qu’elle provient d’un jardin, collectionné par François et Ninon Robelin, couple engagé localement dans le soutien à l’art contemporain. Une relecture de cette oeuvre à l’aune de l’écoféminisme, concept forgé par Françoise d’Eaubonne, permettra d’interroger ce que cette pièce peut signifier aujourd’hui, tout en la réinscrivant dans un horizon historique et théorique plus large.
Fabienne Dumont est professeure d’histoire de l’art à l’Université Jean Monnet – Saint-Étienne. Ses recherches portent sur les questions féministes, de genre et queer, envisagées dans leurs dimensions culturelles, sociales et politiques. Elle a récemment édité et présenté, aux Presses du réel, l’édition critique de l’ouvrage pionnier consacré à l’histoire de l’art de Françoise d’Eaubonne.
Conférence d'Eva Belgherbi (docteure en histoire de l’art contemporain)
Autour de 1900, les cartes postales, à la fois documents, archives et images, sont des objets de la culture visuelle de masse, mais demeurent peu envisagées en tant que source pour l’histoire de l’art. Ces morceaux de carton de 9 x 14 cm se révèlent pourtant indispensables à la recherche d’un matrimoine englouti. Elles deviennent des pièces précieuses et résiduelles de l’existence de sculptures de sculptrices au XIXe siècle que cette communication propose de révéler.
Eva Belgherbi est docteure en histoire de l’art contemporain. Sa thèse de doctorat, intitulée Devenir sculptrices : conquêtes et apprentissages d’une pratique genrée en France et au Royaume-Uni (1863-1914), se situe au croisement des études de genre, de l’histoire de la sculpture et des transferts culturels.
Conférence de Louise Bouvet-Zieleskiewicz (doctorante en philosophie de l’art et esthétique à Aix-Marseille Université)
Cette communication interroge l’itinérance du sens dans l’espace muséal ainsi que la manière dont les oeuvres prennent forme dans l’exposition, et par elle. Cette enquête mettra en relation les écritures asémiques et diagrammatiques pour analyser les puissances d’(il)lisibilité et d’(in)visibilité à l’oeuvre dans les collections du MAMC+.
Louise Bouvet-Zieleskiewicz est doctorante en philosophie de l’art et esthétique à Aix-Marseille Université. Après des études à l’EHESS, Sorbonne Université et à l’École aux Études Curatoriales de Venise, elle y enseigne la philosophie et le cinéma. Elle est la directrice artistique de Situations/Projections et membre associé de l’Association française des commissaires d’exposition.
Conférence de Quentin Petit Dit Duhal (enseignant chercheur en histoire de l’art contemporain à l’Université Grenoble Alpes)
Cette communication aborde le déchiffrement de l’exposition de la collection du MAC VAL et pose la question des stratégies de médiation et de valorisation des collections qui mettent en crise les rapports de genre et de sexualité dans un contexte politique « antigenre ».
Quentin Petit Dit Duhal est enseignant chercheur en histoire de l’art contemporain à l’Université Grenoble Alpes, spécialisé dans les gender studies, les queer studies, le posthumain et, de manière plus générale, l’art engagé.
Conférence de Marion Sergent (chercheuse post-doctorante, rattachée au Centre de recherche de l’École du Louvre et au Centre André Chastel)
À travers les trajectoires croisées d’Otto Freundlich, Henry Valensi, Laure Garcin et Marcelle Cahn au musée de Saint-Étienne, il s’agit d’interroger le rôle du musée dans la fabrique de la postérité d’un artiste. Elle déplace l’analyse de la seule redécouverte d’artistes marginalisés vers l’étude de la manière dont acquisition, exposition, médiation et recherche s’articulent pour produire ou non cette reconnaissance.
Marion Sergent est chercheuse post-doctorante, rattachée au Centre de recherche de l’École du Louvre et au Centre André Chastel. Ses travaux portent sur le mouvement musicaliste, l’historiographie de l’art abstrait et les artistes femmes des avantgardes parisiennes du premier XXe siècle. Lauréate du Prix Marc de Montalembert 2026 pour ses recherches sur Henry Valensi, elle a publié en 2022 un ouvrage consacré à Louise Janin.
Conférence de Marine Schütz (maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université de Picardie Jules Verne)
À l’instar d’autres artistes femmes du Pop art, ou d’artistes dit·es racisé·es, Dorothy Iannone a vu sa démarche longtemps reléguée aux marges du canon. Il s’agira d’interroger la manière dont le recours à des genres dits « mineurs » permet à l’artiste de mettre en jeu une tension entre l’échappée vers l’enfance, la vision mystique et le cosmos, et l’affirmation d’une posture conflictuelle face aux assignations qui pèsent sur l’artiste femme et menacent de la ramener à une position passive.
Marine Schütz est maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université de Picardie Jules Verne. Formée aux Beaux-Arts de Marseille et à l’Université de Provence, elle travaille, depuis le milieu des années 2000, sur les relations entre art et identité. Sa recherche doctorale, Handmade readymade – Dessin et illustration dans le Pop art américain et britannique (1950-1975), a été publiée en 2025 aux Presses du réel.
Conférence de Victoria Arzhaeva (docteure en Histoire de l’art et membre associée du laboratoire Histara (EPHE-PSL)), et Francesca Romana Posca pour la version écrite (doctorante en histoire de l’art à l’Université Bordeaux Montaigne, en cotutelle avec l’Università degli Studi Roma Tre)
Le XIXe siècle connaît un renouveau d’intérêt pour le Quattrocento italien, porté en Italie, dans les pays germaniques ou encore en France. La communication s’interroge sur la genèse de deux portraits anonymes de l’exposition À déchiffrer, en comparant le regard porté sur la femme du XVe - XVIe siècle par certains artistes hommes dès le début du XIXe siècle à celui de certaines artistes femmes actives dans la seconde moitié du siècle.
Victoria Arzhaeva est docteure en Histoire de l’art et membre associée du laboratoire Histara (EPHE-PSL), Victoria Arzhaeva a soutenu sa thèse Les transferts artistiques entre la Russie et l’Europe : la peinture religieuse d’Alexandre Ivanov à Domenico Morelli en 2026. Ancienne boursière de l’École française de Rome et chargée de cours en Histoire de l’art aux universités Saint-Étienne Jean Monnet, Paris 1 Panthéon - Sorbonne et Lyon 3 Jean Moulin. Avec Francesca Romana Posca, elle prépare la publication du volume Rome et Paris en regard : transferts artistiques au coeur des capitales cosmopolites (1870-1918).
Francesca Romana Posca est doctorante en histoire de l’art à l’Université Bordeaux Montaigne, en cotutelle avec l’Università degli Studi Roma Tre. Sa thèse porte sur la scène artistique internationale comme espace d’affirmation des artistes italiennes (1870-1915), entre histoire de l’art, circulations transnationales et études de genre. Elle a par ailleurs publié des articles scientifiques et présenté ses travaux lors de colloques et journées d’études en France et en Italie.
Conférence de Paolo Lasagni Nazario (doctorant en esthétique à l’Université Paris 8)
Cette intervention propose de penser le spolium comme une méthode de lecture des collections du MAMC+, de Piranèse à Rauschenberg. À travers la ruine, le fragment et leur survivance (Nachleben), elle envisage le musée comme un espace de recomposition où les oeuvres produisent de nouvelles constellations de sens.
Paolo Lasagni Nazario est doctorant en esthétique à l’Université Paris 8, sous la direction de Cécile Sorin et Anne-Violaine Houcke. Ses recherches portent sur le spolia chez Pasolini, Jarman et Mulvey, à la croisée du cinéma, de l’archive et de la survivance des formes. Il est également chercheur, artiste et commissaire indépendant, accueilli en résidence à la Biennale de Venise en 2025.
Programme proposé par le MAMC+, l’université Jean Monnet de Saint-Étienne, son laboratoire ECLLA et son Institut ARTS, l’Institut universitaire de France.
Gratuit sur inscription via la billetterie en ligne du musée - Dans la limite des places disponibles
Informations complémentaires
- Expositions : Frank Stella. Minimal / Maximal, Flying Colors. Dialogue avec les collections du Minneapolis Institute of Art et À déchiffrer. Suivre les traces dans les collections
- Renseignements : mamcaccueil@saint-etienne-metropole.fr - Tél. : 04 77 79 52 52.
